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Mémoire de mes putains tristes - Gabriel Garcia Marquez

A ce singulier bâtonneur de dépêches du Diario de La Paz, rien n'est moins légitime que de vouloir s'offrir à une pucelle pour son quatre-vingt-dixième anniversaire. Mais que peut donc motiver un tel désir au crépuscule d'une vie ? Cherche t-il à retrouver sa jeunesse perdue ? A t-il une revanche à prendre sur la vie ? Ou est-ce seulement une lubie de vieux ? Peut-être les 3 à la fois ? Grâce à sa prose unique ancrée dans un réel imaginaire, Gabriel Garcia Marquez, grande figure du réalisme magique (cf. l'incontournable Cent ans de solitude), explore encore avec ce Mémoire de mes putains tristes, deux de ses thèmes de prédilection : la solitude et la mort (cf. par exemple L'amour au temps du choléra). Prêtant à son attachant vieillard une singulière jeunesse articulée autour de ses "putains", "Gabo" comme à son habitude, envisage avec tendresse et poésie les vieux jours de son héros nonagénaire... Mais il n'en oublie pas pour autant ses caractères féminins toujours très habités à l'image de Rosa Cabarcas, cette mère maquerelle qui, bon gré, mal gré sera au final, la putain des putains tristes du vieux bâtonneur... Ce texte n'est assurément pas le texte le plus marquant de l'auteur colombien mais pour qui aime sa verve et son flot, ce mémoire à la fois nostalgique et plein d'amour, saura divertir un instant les esprits les plus chagrins...

Enfin, si vous vous laissez tenter par cette lecture légère, vous pouvez vous procurer le livre sur Amazon via le lien suivant : Mémoire de mes putains tristes


  • Titre : Mémoire de mes putains tristes
  • Titre original : Memoria de mis putas tristes
  • Auteur : Gabriel Garcia Marquez
  • Traducteur : Anne Morvan
  • Éditeur : Le livre de poche
  • Date de parution : Août 2006
  • Nombre de pages : 157 p.
  • ISBN : 978-2253-116844
  • Couverture : Photographie de Gueorgui Pinkhassov (détail). Magnum Photo

L'amour aux temps du choléra - Gabriel Garcia Marquez

Nous sommes à la fin du XIXe siècle dans un petit village des Caraïbes. Alors que les guerres se succèdent et que l'épidémie de choléra menace à chaque instant d'éclater, les destins de ses habitants se lient et se délient au fil de l'histoire. Florentino Ariza est un jeune télégraphe taciturne, dont la première rencontre avec Fermina Daza allait bouleverser l'existence entière. Dès le premier instant où Florentino Ariza rencontre Fermina Daza, il sut qu'elle serait la femme de sa vie. Entre les deux jeunes gens nait un amour platonique ponctué de poésie. Pourtant, contrairement à toutes les attentes, la belle est promise au jeune et riche docteur Juvenal Urbino. Contrariée par la décision de son père, Fermina Daza affronte cependant les obligations de la vie conjugale avec l'arrogance et le panache qui la caractérisent. Ayant tiré un trait sur son amour d'adolescence, elle abandonne à son sort Florentino (Pauvre homme, dira t-elle toute sa vie à chaque fois qu'elle le voit). Mais c'est sans compter sur la pugnacité et l'amour immodéré de son éternel prétendant : Florentino consacrera toute sa vie à reconquérir le coeur de sa déesse couronnée. Malade d'amour, il multiplie les conquêtes mais rien ne le guérira de cette empreinte indélébile laissée par la farouche Fermina. L'histoire de L'amour aux temps de cholera est celle de cet amour impossible qui durera plus de cinquante ans.

Comme à son habitude, Gabriel Garcia Marquez ne laisse aucun répit à son lecteur : les événements s'enchaînent sur un ryhtme effrené, le récit est dense, les histoires s'imbriquent les unes aux autres tel un puzzle à mille pièces, les personnages sont nombreux, chaque chapitre est un pavé... L'amour mais aussi la vieillesse, tels sont les deux sujets abordés par L'amour aux temps du choléra. Le roman est triste, dramatique, cocasse, drôle parfois, et bien que le texte m'ait parfois paru long, j'ai vite pardonné à Marquez sa prolixité au bénéfice de son talent de conteur. Il est vrai que l'histoire de cet amoureux transi qui attend sa dulcinée pendant cinquante ans peut sembler mièvre mais lorsque l'histoire est racontée par Marquez, elle prend un autre sens. La sensibilité de l'auteur me touche et je trouve que sa manière de mettre en scène les destins de ses personnages réserve toujours des surprises et de l'espoir aussi. La vieillesse telle qu'elle est envisagée par Marquez m'a émue et ce roman est l'un des plus beaux hymnes à l'amour que j'ai pu lire jusqu'ici. J'ai moins apprécié L'amour aux temps du choléra que Cent ans de solitude, mais ce roman aux allures romantiques peut surprendre agréablement ceux qui ne s'arrêteront pas à cela.

Extraits :
Mais il eut l'intime conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l'heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d'eux-mêmes. p.228
Transito Ariza (la mère de Florentino) avait l'habitude de dire : "La seule maladie qu'a eue mon fils, c'est le choléra." Elle confondait bien sûr, amour et choléra, et ce bien avant que s'embrouillât sa mémoire. p.301

Epigraphe : 
Sur les chemins qui s'ouvrent ici va une déesse couronnée. Leandro Diaz

Titre : L'amour aux temps du choléra
Auteur : Gabriel Garcia Marquez
Titre original : El amor en los tiempos del colera
Traduction : Anne Morvan
Editions : Livre de poche
Date de parution : 1987 chez Grasquet et Flasquelle
Date de parution originale : 1985
Nombre de pages : 475 p.

Cent ans de solitude - Gabriel Garcia Marquez

Quelle fabuleuse épopée que celle de la famille Buendia ! Ce roman est un véritable chef d’oeuvre. Rédigé en 1965 et publié en 1967 en Argentine, Cent ans de solitude s’impose comme l’une des oeuvres majeure de la littérature hispano-américaine. 

Au commencement, José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, cousins de naissance se marièrent. Il eurent trois garçons au mépris de la légende qui leur prédisait une descendance à queue de cochon. Cent ans de solitude raconte l’histoire de cette étonnante famille et celle du village de Macondo. Le texte est tellement dense et les destins des personnages si complexes qu’il est difficile de résumer cette saga. Pour suivre le fil de l’histoire, la généalogie (ci-dessous) m’a été utile : tous les membres de la famille Buendia, portant tous le même prénom de génération en génération, il est difficile de ne pas se perdre entre les personnages (j’avais moi-même commencé à gribouiller un schéma pour m’y retrouver et voilà que je trouve une généalogie toute faite ! Merci Internet !).
Auteur : Franck Bellesteros

Tel le Dieu créateur, Gabriel Garcia Marquez a réécrit l’histoire à sa façon. Inspiré de faits historiques réels (massacre des bananeraies en 1928) mais parsemé d’événements surnaturels, ce récit des plus percutants, suscite les sentiments les plus variés mais aussi les plus forts. 

Les nombreux personnages sont si parfaitement habités et les liens qui les unissent sont si savamment tissés que l’on ne peut que reconnaître l’écriture d’un génie... L’amour, l’inceste, la mort mais surtout la solitude tels qu’ils sont abordés dans ce livre, ne laissent aucun doute sur le talent de "Gabo". Ce roman est véritablement une grande oeuvre de Littérature. A force d’en lire partout des critiques élogieuses, je me suis lancée malgré la peur d’être déçue. Bien m’en a pris : ce fut pour moi un grand coup de coeur...

Présentation de l’éditeur :
Une épopée vaste et multiple, un mythe haut en couleur plein de rêve et de réel. Histoire à la fois minutieuse et délirante d’une dynastie : la fondation par l’ancêtre, d’un village sud-américain isolé du reste du monde ; les grandes heures marquées par la magie et l’alchimie ; la décadence ; le déluge et la mort des animaux. Ce roman proliférant comme une enluminure, est à sa façon un Quichotte sud-américain : même sens de la parodie, même rage d’écrire, même fête cyclique des soleils et des mots. Cent ans de solitude compte parmi les chefs d’oeuvre du XXe siècle. L’auteur a obtenu le Prix Nobel de littérature.
Dédicace :
"Pour Carmen et Alvaro Mutis"

Auteur : Gabriel Garcia Marquez
Titre : Cent ans de solitude
Titre original : Cien anos de soledad
Traducteur : Claude et Carmen Durand
Editions : Points
Présentation : Albert Bensoussan
Date de parution : juin 2002
Nombre de pages : 437 p.
Couverture : Illustration Elisabeth Butterworth, Scarlet Macaw, 1984. DR

De l'amour et autres démons - Gabriel Garcia Marquez

Ainsi que l'explique Gabriel Garcia Marquez dans sa note d'introduction, l'histoire de Servia Maria de Todos de los Angeles lui a été inspirée par une légende que lui contait sa grand-mère. En 1949, alors qu'il était encore un jeune reporter, Gabriel Marquez est envoyé par son rédacteur en chef pour rédiger un papier au sujet des découvertes faites dans les cryptes de l'ancien couvent des Clarisses à Carthagène des Indes. On y découvre les restes d'une petite fille à l'abondante chevelure cuivrée (22 m et 11 cm !) et la légende voudrait que celle-ci ait été mordue par un chien enragé couleur de cendre arborant une lune sur le front. De l'amour et autres démons raconte cette histoire imaginée par l'auteur.

Fille du Marquis de Casuelda et de Bernarda, une roturière que l'instinct de maternité n'étouffe pas, Servia Maria de Todos los Angeles est dès son plus jeune âge, élevée parmi les esclaves du domaine de son père absent et de sa mère malade. C'est après avoir été mordue par un chien couleur de cendre avec une lune sur le front que son destin bascule. La rumeur prétend qu'elle a contracté la rage et malgré les soins apportés par Abrenuncio,  médecin réputé pour ses méthodes douteuses, la petite ne guérit pas. Rien, même pas les soins de son père n'y font et la petite suscite tous genres de médisances : sorcellerie, satanisme... Bien décidé à guérir sa fille, le Marquis la fait interner au couvent de Santa Clara où Josefa Miranda la prend sous son aile. Mais rien ne passe comme prévu et Servia Maria est accusée de tous les maux. Le père Delaura Cayetano est désigné pour exorciser la petite mais il tombe malgré lui amoureux d'elle...

Cette légende revisitée par Gabriel Marquez est des plus belles. Les personnages sont colorés et leurs relations savamment tissées. Voilà un beau roman qui donne envie de (re)découvrir l’œuvre de l'auteur.

Notes de l'auteur (extraits) : "Le maître d'œuvre m'expliqua sans plus d'étonnement que les cheveux humains poussent d'un centimètre par mois même après la mort, et vingt deux cm en deux cents ans lui semblaient une bonne moyenne. Pour moi, en revanche l'événement n'avait rien de banal, parce que dans mon enfance ma grand-mère m'avait conté la légende d'une petite marquise de douze ans dont la chevelure flottait comme une trainée de mariée, morte de la rage après avoir été mordue par un chien et vénérée depuis dans les villages de Caraïbes en raison de ses nombreux miracles. L'idée que cette sépulture pouvait être la sienne fut, pour moi, l'événement de ce jour, et est à l'origine de ce livre. Gabriel Garcia Marquez. Carthagène des Indes." 1994

Dédicace :
"Pour Carmen Ballcells, baignée de larmes."

Citations :
"La résurrection des autres membres semble plus nécessaire que celle des cheveux". Thomas d'Aquin. De l'intégrité du corps ressuscité, Somme théologique, supplément, Q.80, art. 5

Extraits :
"Il n'est de médecine qui guérisse ce que ne guérit pas le bonheur" p. 45

"Aucun fou n'est fou tant que l'on se plie à ses raisons." p.48

"Entre cela et les sorcelleries des Noirs, le différence n'est pas bien grande, dit-il. Mais l'exorcisme est pire parce que les Noirs se contentent de sacrifier des coqs à leurs dieux, tandis que le Saint Office se plait à écarteler des innocents sur le chevalet ou à les rôtir vivantes en des spectacles publics." p.94

" - Prenez garde, dit Delaura. Parfois nous attribuons au démon certaines choses que nous ne comprenons pas, sans penser que ce que nous ne comprenons pas peut venir de Dieu.
- Saint Thomas a dit, et à lui je m'en tiens : il ne faut point croire les démons quand même ils disent la vérité."
p.102

"- Parce que les athées ne peuvent se passer des curés, dit Abrenuncio. Les patients nous confient leur corps mais non leur âme, et pour tenter de l'arracher à Dieu nous faisons le diable.
- Ce n'est guère conforme à vos croyances, dit Cayetano.
- Je ne sais même pas en quoi je crois.
- Le Saint-Office lui le sait."
p.156

Auteur : Gabriel Garcia Marquez
Titre : De l'amour et autres démons
Titre original : Del amor y otros demonios
Traducteur : Annie Morvan
Éditions : Le livre de poche
Date de parution : juillet 2007
Nombre de pages : 186 p.
Couverture : Illustration de François Gigot