ie Chef d'oeuvre - Stéphane Mouret et Jérôme Sorre - Les embuscades littéraires d'Alcapone
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Chef d'oeuvre - Stéphane Mouret et Jérôme Sorre

Chef d’oeuvre est le premier volume des aventures du Club Diogène. Pour cette enquête, les membres du Club partent sur les traces d’un macabre collectionneur de têtes. Ainsi, Vayec, Fedor, Camille, Lison, d’Orville et Franklin, alertés et menés par le Maréchal, se lancent-ils sur les traces de Benjamin Lacurie, un homme aux moeurs étranges. Suite aux deux exécutions publiques auxquelles le Maréchal a assisté, se tient un étrange manège entre le bourreau et un inconnu. Dans ce Paris fin de siècle où tout suinte la morosité, rien de tel qu’une affaire de ce genre pour stimuler l'égo et tuer l’ennui de nos sept limiers en herbe. Cela dit, ne nous y trompons pas : si le nom de Club renvoie probablement à celui inventé par Sir Arthur Conan Doyle pour le frère de Sherlock Holmes, c’est bien dans des vapeurs éthyliques et dans la grivoiserie que nos compères résoudront cette affaire ! Pas de loupe donc, ni d’opium, pour le Club Diogène parisien !

Ce premier tome écrit à quatre mains est assez prometteur : Stéphane Mouret et Jérôme Sorre emmènent leurs lecteurs dans un Paris fin de siècle où l’on sent cette lassitude assez caractéristique de l’époque. Dans un contexte politique maussade, où seuls l’ennui, le cynisme et la jobardise motivent les enquêtes nocturnes du Club Diogène, la dimension historique fait place au fantastique avec toutefois un certain réalisme. Mais pour Franklin dont la belle tête pourrait constituer la pièce maîtresse du Chef d’oeuvre de Benjamin Lacurie, les autres membres du Club ne sont rien de plus que des ivrognes en mal de sensations fortes. Voilà donc une belle entrée en matière pour découvrir cette série originale dont les personnages sont tous hauts en couleur. Si le début de l’histoire retranscrit l’immense ennui d'un Vayec et d’un Fedor languissants (cf. citation plus bas sur les discussions absurdes entre Vayec et Fédor sur le progrès, l’infini), le rythme de l’histoire s’accélère avec l’arrivée du Maréchal et son collectionneur de têtes : dès lors, l’enquête prend une tournure intrigante et l’on est curieux d’en connaître l’issue.

La Clef d’argent propose avec cette série une jolie édition. A noter également, les belles illustrations de Fernando Goncalvès-Félix, l’illustrateur officiel de la Clef d’argent (dessinateur à suivre). Apparemment, ces éditions ne sont plus en vente. J’avais trouvé les deux premiers tomes de la série dans une petite librairie lors de mon dernier passage à Paris et je n’en regrette pas l’achat... La suite des aventures du Club Diogène est désormais éditée aux éditions Malpertuis.

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Extraits :
En vertu de ce que nous avons démontré au préalable, dis-toi que l’univers, ensemble de molécules, configure au bout du compte le gros orteil d’une espèce de titan démeusuré. - Hein ? L’orteil d’un Fedor géant, c’est ça l’univers ? (...) - Sans compter que cette planète de géants, à son tour, n’est que l’atome rentrant dans la composition d’une molécule, laquelle, associée aux millions de molécules de cet univers supérieur, forme l’orteil d’un titan encore plus titanesque. - C’est monstrueux comme je visionne très bien. - Tu visionnes l’infini. p.18-19 (discussion entre Vayec et Fedor)

  • Titre : Chef d’oeuvre
  • Série : Le Club Diogène
  • Auteur : Stéphane Mouret et Jérôme Sorre
  • Editions : La clef d’argent
  • Date de parution : Mars 2002
  • Nombre de pages : 144 p.
  • Illustrations : Fernando Goncalvès-Félix
  • ISBN :  2-908254-34-4


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