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La désobéissance civile - Henry David Thoreau

Tout comme Henry David Thoreau, "Je pense que nous devons d'abord être des hommes, des sujets ensuite. Le respect de la loi vient après celui du droit. La seule obligation que j'aie le droit de l'adopter, c'est d'agir à tout moment selon ce qui me paraît juste." p.12. Pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette évidence n'en est pas une pour tout le monde. L'agitateur de conscience qu'est Thoreau nous rappelle à notre bon sens car "l'homme sage n'est utile qu'en tant qu'il reste un homme et refusera d'être de la glaise ou de jouer les bouche-trous et laissera cette mission à sa poussière." p.14. Aspirant à la justice absolue, Thoreau considère la tyrannie de la majorité comme une insulte à l'esprit. Pour lui, "L'État ne s'adresse jamais intentionnellement à la raison de l'homme, intellectuelle ou morale, mais seulement à son corps, à ses sens. Il n'est pas armé d'un esprit ou d'une honnêteté supérieure." p.34. C'est pourquoi l'individu se doit de défendre ses droits en opposant son intégrité intellectuelle car au final seuls les esprits libres sont capables d'oeuvrer en faveur de la vérité. Évidemment, il en est à qui Thoreau accepterait de se soumettre mais il s'agit alors d'un acte volontaire et non d'une contrainte. On retrouve ici le principe de servitude initié par La Boétie dans son Discours de la servitude volontaire. A cette différence que La Boétie dénonce l'absolutisme en appelant à la révolte alors que Thoreau préconise La désobéissance civile en invoquant la raison qui gouverne chaque individu. Et puisque "la loi n'a jamais rendu les hommes meilleurs d'un iota" (p.12), le combat de l'essayiste américain se situe d'un point de vue civil et non plus politique. Sa devise "le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins", n'est pas sans raison devenue celle d'une contestation sociale qui a alimenté les réflexions politiques des XIX et XXe siècles.

Il est impossible à la lecture de ce texte, de ne pas s'intéresser à son auteur. L'épisode de son incarcération en prison a notamment retenu mon attention. Enfermé pour avoir refusé de payer ses impôts pour l'entretien d'un ecclésiastique (ce qui me semble complètement injuste), il conclue sur cette expérience avec une simplicité et une désinvolture dont j'aimerais parfois être capable : "En fait, je déclare tranquillement la guerre à l'État, à ma manière, bien que je souhaite d'en retirer les utilités et les avantages que je pourrai, c'est bien naturel." p.40. Comment ne pas admirer cette liberté d'esprit que je juge finalement très saine ? Si l'État que Thoreau se plait encore à imaginer (un État qui permettrait "d'être juste envers tous les hommes et qui traite l'individu avec respect comme un voisin." p.48) n'existe pas encore plus de 150 ans après la publication de La désobéissance civile, je crois qu'il est d'autant plus important que de se pencher sur cet incontournable pamphlet...

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  • Titre : La désobéissance civile
  • Auteur : Henry David Thoreau
  • Traduction et postface : Guillaume Villeneuve
  • Éditions : Les Mille et une Nuit
  • Date de parution : Septembre 2010
  • Nombre de pages : 63 p.
  • Graphisme de couverture : Rampazzo & Associés
  • Illustrations : Stéphane Richard
  • ISBN : 978-2-84205-062-7
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