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Le fantôme de Canterville - Oscar Wilde

De tous les fantômes célèbres, s'il en est un dont il faut avoir lu les aventures au moins une fois, c'est bien celui de Canterville. C'est drôle, léger, rafraichissant et l'on ne peut que s'attacher au pauvre fantôme malmené par la famille Otis. Fort des générations de lords et de ladies qu'il a terrorisé, le fantôme de Canterville s'évertue à hanter le vieux manoir mais il se heurte pour son plus grand malheur au matérialisme désespérant de la joyeuse famille américaine. Le Fantôme a beau déployer tous ses meilleurs stratagèmes d'épouvante, rien n'y fait. Ni les taches de sang indélébiles, ni les apparations monstrueuses et pas même les cris insupportables n'arrivent à bout de la bonne humeur et de l'espièglerie des Otis. C'est au contraire le fantôme qui prend peur et finit par déprimer. Seule la prophétie des vitraux de la bibliothèque pourra peut-être le délivrer de son malheur...

On avait rarement vu de carrière de fantôme aussi pitoyable que celle du Fantôme de Canterville, ne serait-ce celle du Phantom of the Paradise de Brian de Palma ou peut-être celui moins pathétique de Gaston Leroux. Même s'il est ridicule, le fantôme d'Oscar Wilde reste toutefois mon fantôme préféré. C'est d'ailleurs avec un grand sourire aux lèvres que j'ai refermé les dernières pages de ses mésaventures. Cette élégante édition, enrichie par de sympathiques illustrations du dessinateur satirique argentin Oscar Conti (Oski), fera le bonheur des petits et des grands. C'est donc avec délectation que j'ai découvert l'association très réussie du travail des deux Oscars et je félicite les Éditions Chandeigne pour ce bel objet qui saura fièrement orner toutes les bibliothèques...

Tous mes meilleurs remerciements reviennent aux Éditions Chandeigne et à Babelio pour ce gracieux partenariat.

Enfin, si vous ne trouviez pas le livre dans votre librairie préférée, vous pouvez toujours vous le procurer via Amazon en vous rendant sur le lien suivant : Le Fantôme de Canterville.

  • Titre : Le fantôme de Canterville
  • Auteur : Oscar Wilde
  • Éditions : Chandeigne
  • Collection : Série illustrée
  • Directrice de collection : Anne Lima
  • Traducteur : Bernard Tissier
  • Illustrateur : Oski (illustrations de 1976)
  • Date de parution : Octobre 2012
  • Nombre de pages : 85 p.
  • ISBN : 978-2-915540-93-2

L'âme humaine - Oscar Wilde

Publié pour la première fois en 1891, cet essai si court soit-il (heureusement !), fourmille de réflexions jetées tout azimut. Oscar Wilde y déplore l’asservissement de l’homme à l’Etat, l’argent ou encore le regard d’autrui. Et il propose une analyse naïve où le socialisme et l'art permettraient à l’homme de s’affranchir de ces tyrannies. Malheureusement, le monde dont rêve Wilde est une utopie... Et le socialisme, le christianisme et l'individualisme, n’y pourront rien faire : l’homme n’est pas bon et Wilde est bien placé pour le savoir. Alors pourquoi s’entête t-il à affirmer qu’Il y a autant de formes de perfection que d’hommes imparfaits. p.34 ? Peut-être sa nature contradictoire ?

Je n’ai pas aimé cet essai pour au moins trois raisons évidentes : la première, c’est que ma sensibilité se prête finalement très peu à la lecture des essais. Deuxème raison : à moins que je ne sois vraiment hermétique à la plume de Wilde (il ne me semble pas puisque la lecture du Portrait de Dorian Gray, La ballade de la geôle de Reading et plus récemment celle du Portrait de Mr W.H. m’avaient convaincue de son talent), L’âme humaine n’a rien pour me plaire et surtout pas le style ! Et cela renvoie donc à la troisième raison pour laquelle le livre m’a déplu : je ne me permettrais pas d’accuser une mauvaise traduction, mais il m’a été pénible de suivre l’écrivain. De cette « force polémique étonnante », de ces «  habituels bons mots », de ces « formules lapidaires » et « autres paradoxes » , dont l’éditeur fait plus que l'éloge, je n’ai hélas, retenu que les paradoxes. Non pas que l’auteur ne dit que des absurdités. Non. Juste que c’est la façon qu’il a de le dire. Et quand bien même, c’est Oscar Wilde ! Il passe d’un sujet à l’autre et y revient dans le plus grand désordre. Il se contredit. Et on se demande si finalement, il est d’accord avec lui-même tant son traité est éparpillé. Je crains en général les grands mots et des grandes formules, et cet essai en est truffé : Etat, Art, Histoire, Individualisme, Jesus, Propriété privée, Socialisme, Communisme... Faire tenir des réflexions sur tous ces thèmes à la fois en 77 pages, c’est tout simplement trop pour moi...
La véritable perfection de l’homme ne réside pas dans ce qu’il a mais en ce qu’il est. p.24
Or, rien ne devrait pouvoir nuire à un homme sauf lui-même. p.25
Connais-toi toi-même ! pouvait-on lire sur le portique du monde antique. Sur celui du monde nouveau on lira : sois-toi même ! p.28
Il y a trois espèces de despotes. Celui qui tyrannise les corps. Celui qui tyrannise les âmes. Et celui qui tyrannise les corps et les âmes. Le premier, c’est le prince. Le second, c’est le pape. Le troisième est le peuple. p.65
Ce n’est pas égoïste de penser par soi-même. Qui ne pense par soi-même ne pense pas du tout. p.70
Présentation de l’éditeur :
Publié en 1891 dans la Fortnightly Review, ce petit essai parut sous le titre : The Soul of the Man under Socialism, mais en 1905 il fut réédité sous le titre définitif de The Soul of Man, que nous traduisons ici par L’Âme humaine.

Titre : L'âme humaine
Auteur : Oscar Wilde
Titre original : The soul of a man under socialism
Traducteur : Nicole Vallée
Présentation : Martin Page
Editions : Arlea
Date de parution : Octobre 2004
Date de parution originale : 1891
Nombre de pages : 77 p.
Graphisme : G. Chavanne
Couverture : Oscar Wilde, Rue des Archives/Agip

Le portrait de Mr. W.H. - Oscar Wilde

Qui est donc le fameux Mr W.H. à qui Shakespeare dédicace la première version de ses Sonnets ? Passionné par ce mystère, Oscar Wilde mène l'enquête. Les célèbres initiales de celui qui inspira l'un des plus éminents dramaturges anglais de l'ère élisabéthaine, appartiennent-elles à Henry Wriothesley (troisième comte de Southampton, protecteur de Shakespeare) ? Sont-elles celles de William Hall, libraire et begetter des Sonnets), William Hathaway (frère d'Anne Hathaway, épouse de Shakespeare) ou celles de William Shakespeare lui-même ? D'après la théorie de Wilde, il s'agirait de Willie Hugues, acteur spécialisé dans les rôles féminins qui inspira le Barde. Mais comment Wilde en est-il arrivé à ces conclusions ? C'est ce que traite ce petit roman, extrait des Oeuvres d'Oscar Wilde de la Bibliothèque de la Pléiade.

Les Sonnets de Shakespeare publiés en 1609 par Thomas Thorpe sont introduites par la dédicace ci-dessous, source de la polémique autour de l'identité de W.H.

Plongé dans la peau de l'enquêteur, Wilde rencontre un certain Monsieur Erskine qui l'entretient au sujet de la théorie de Cyril Graham : ce dernier, croit fermement que derrière W.H. se cache Willie Hughes. Pour convaincre Erskine de sa thèse, Graham n'hésite pas à commander un faux portrait du comédien. Seulement, Erskine découvre par hasard le pot aux roses et refuse de prêter foi à ses convictions. Déçu, Graham se suicide et laisse une lettre à Erskine dans laquelle il charge ce dernier de partager son idée au monde. Intrigué, Oscar Wilde part en quête de la vérité sur cette affaire...
Vous oubliez qu'il ne suffit pas, pour qu'une idée devienne nécessairement vraie, de mourir pour elle. p.40
L'argumentaire de Wilde fourmille de références aux Sonnets. Misant sur une logique imparable, l'auteur confirme la connaissance qu'il a de l'oeuvre de Shakespeare et l'on découvre au fil de ses hypothèses une interprétation séduisante et érudite. Affirmant son idée que l'esthétique et l'éthique sont dissociables, Wilde signe grâce à ce roman une enquête fictive et littéraire digne des plus belles plumes de son époque. C'est un exercice de style dans lequel Wilde excelle et j'ai beaucoup apprécié cette facette qui m'était méconnue de l'auteur. Au fond, ce qui me plait le plus dans ce roman, c'est la part de mystère qui entoure W.H. Malgré la savante démonstration de Wilde à propos de l'identité véritable de W.H., il me plait à moi de croire que cet inconnu ne soit pas identifié. Ce qui importe, c'est finalement que l'oeuvre de Shakespeare est toujours vive dans l'esprit des nouvelles générations.

Il y avait cependant plus dans son amitié que le simple enchantement d'un dramaturge pour qui l'aide à atteindre son objectif. C'était déjà là, sans doute, un élément subtil de plaisir, sinon de passion, et une noble base pour une camaraderie artistique. p.70
Son vrai tombeau, comme le comprit Shakespeare, ce furent les vers du poète, son vrai monument, c'est la permanence de son théâtre. p.120 à propos de W.H.

Auteur : Oscar Wilde
Titre : Le portrait de Mr W.H.
Titre original : The portrait of Mr W.H.
Traducteur : Jean Gattégno
Editions : Folio
Collection : 2 euros
Date de parution : Avril 2009
Nombre de pages : 142 p.
Couverture : Photo. Copyright Dynamic graphic / Jupiterimages

Au delà du crépuscule - Bram Stocker


Si le style m’a parfois gênée, (je ne sais pas si c’est la traduction ou tout simplement la syntaxe), quelle agréable surprise que de découvrir une des facettes méconnue de Bram Stocker. Et quel joli cadeau a-t-il fait à son fils : réunissant tous les ingrédients d’un conte réussi, l’auteur explore en toute simplicité, nos joies, nos peurs et nos idéaux enfantins. On retrouve dans ce recueil les thèmes chers à l’auteur comme la peur de la mort, l’amour, l’amitié, la crainte de la solitude et le merveilleux. Touchée par ces textes, mon âme d’enfant a, au fil des pages, succombé au charme inconstestable de l’imaginaire stockerien.

Présentation de l’éditeur : Ce recueil de contes, écrit pour son fils en 1881, peut paraître surprenant sous la plume du père de Dracula, car voilà bien un étrange pays, situé au delà du crépuscule où les petites filles triomphent des géants malfaisants, où le chiffre 7 disparaît, où une rose a plus de pouvoir qu’une armure d’or. Toutefois, comme chacun sait, le merveilleux ne réside pas dans l’enfance mais dans l’expression fantasmée de celle-ci. La peur du sexe, l’éveil de la culpabilité, la conscience de la solitude : toutes ces choses qui se trament ici, qui surgissent tout à coup comme un réveil inattendu d’images indélébiles. Il s’agit de la première publication intégrale, en traduction française, de l’édition originale anglaise, agrémentée d’un choix de gravures de W. Fitzerald et W.C. Cockburn, célèbres illustrateurs contemporains de Bram Stocker.

Première phrase : "Loin, loin d’ici, existe un beau pays que nul oeil humain n’a jamais vu aux heures de veille. Au-delà du crépuscule il s’étend, là où l’horizon lointain marque la frontière du jour, et où les nuages, resplendissants de lumière et de couleur, sont comme une promesse de gloire et de la beauté qui l’entourent ».

Ce recueil comprend 8 contes.
  1. Au-delà du crépuscule
  2. Le prince et la rose
  3. Le géant invisible
  4. Le bâtisseur d’ombre
  5. Comment 7 devint fou
  6. Mensonges et le lis
  7. Le château du roi
  8. L’enfant merveilleux
Auteur : Bram Stocker
Titre original : Under The Sunset
Éditeur : José Corti
Année de parution : 1998
Collection : Merveilleux N°1
Traducteur : Jean-Pierre Krémer
Postface : Alain Pozzuoli
Gravures : W. Fitzerald et W.C. Cockburn
Nombre de pages : 277 p.
Dédicace : A Éric Curé