Bienvenue sur le blog de lecture d'Alcapone

Las Vegas parano - Hunter S. Thompson

1971. Alors que la guerre fait rage au Vietnam, le phénomène psychédélique du LSD s'empare des Etats-Unis. Journaliste sportif, Hunter S. Thompson alias Raoul Duke, est dépêché par sa direction à Las Vegas pour couvrir l’un des plus grands événements de l’année : le fameux Mint 400. Accompagné du Docteur Gonzo (son avocat), le voilà lancé dans une course effrénée au volant d’une Great Red Shark bourrée de drogues en tous genres. Ensuite envoyé à la Conférence Nationale des Procureurs sur Narcotiques et Drogues dangeureuses, Duke doit retourner à Vegas pour rédiger un papier après une fuite rocambolesque...


Histoire d’une épopée complètement déjantée, ce texte, largement autobiographique, est à l’image de son époque. Une époque faite de rêves éveillés où les gens croient encore à l’American dream. Ainsi drogués jusqu’à la moelle, nos deux héros évoluent de "flashs" en scandales dans un parcours semé de chauves-souris, lézards et autres drôleries. Fou-rires, paranoïa ou crises d’angoisse, nos compères découvrent au fil de leur trip, une Amérique délirante : nous entraînant dans des casinos ultra-modernes en forme de cirque ou de cirque en forme de casino, le duo nous fait vivre les journées les plus folles et inimaginables qui soient. Les répliques sont aussi absurdes que cinglantes et on découvre avec plaisir le journalisme gonzo aux accents indubitablement provocateurs.


Fidèlement adapté à l’écran par Terry Gilliam, Las Vegas Parano symbolise parfaitement le règne d’une époque révolue. De cette folle aventure certes dangeureuse mais extrêmement excitante, on aimerait en avoir vécu le quart. Malheureusement, à chaque époque ses rêveries. La notre ne s’y prête pas et c’est avec un peu d’envie que j’ai partagé cette expérience gonzo. Nombreux sont ceux qui se sont essayés au style. Peu ont su égaler l’excentricité et la spontanéité "ultra-subjective" de Hunter. Lire donc ce livre plus de trente cinq après les faits n’enlève rien à son charme. Au contraire, quel bel hommage à la liberté ! A lire donc pour les nostalgiques des années 1970 où tout était encore possible, même être payé à dire ce que l’on pense et faire ce que l’on veut...


Extraits : "Le Circus-Circus est ce que tous ceux qui sont dans le coup feraient le samedi soir si les nazis avaient gagné la guerre. C’est le sixième Reich. Le rez-de-chaussée est couvert de tables de jeu, comme tous les autres casinos... seulement le plafond est quatre étages plus haut, dans le style d’une tente de cirque, et il s’y passe toutes sortes de dingueries étranges mi-foire de canton, mi-carnaval polonais." p.51


"Faites sauter les pastilles des mamelons de cette gouine de trois mètres et vous gagnez une chèvre en barbapapa." p.52


"Non, ce n’est pas une bonne ville pour les droques psychédéliques. La réalité elle-même y est trop déformée." p. 53 à propos de Las Vegas


"C’était perfide, stupide et dément à tous points de vue - mais il n’était pas possible de passer à côté de relents d’humour planant sur l’idée d’un journaliste à la gonzo et aux prises avec un épisode psychédélique virtuellement terminal qui serait invité à assurer le reportage sur la Conférence nationale des Procureurs sur les narcotiques et les drogues dangeureuses." p.84

Dédicace : "A Bob Geiger, pour des raisons qu’il n’est point besoin d’expliquer, ici - et à Bob Dylan, pour Mister Tambourine Man"


Citation : "Celui que se fait bête se débarrasse de la douleur d’être homme." Dr Jonhson


Présentation de l’auteur par l’éditeur : Hunter S. Thompson est né en 1937 à Louisville dans le Kentucky. Il commence sa carrière de journaliste comme chroniqueur sportif en Floride, puis collabore à des titres aussi divers que Esquire. The New York Times, The Rolling Stones et le National Observer en Amérique du sud. Reporter azimuté et politicien improbable, il s’est rendu célèbre à la fin des années soixante en inventant le style gonzo, sortes de reportages hallucinés dont l’auteur est lui-même le héros. Il a publié entre autres Las Vegas Parano, La grande chasse aux requins, Le nouveau testament Gonzo et Hell’s Angels. Hunter S. Thompson s’est donné la mort en février 2005.


Présentation de l’éditeur : "On annonce à Las Vegas une convention de toutes les brigades des stups d’Amérique. Le docteur Gonzo s’y précipite et découvre... des centaines de flics des Stups lâchés dans l’enfer du jeu! et au milieu donc, Hunter S. Thompson, buvant d’énormes rasades de bourbon, fumant des joints, snifant de la coke, cassant des ampoules de poppers sous son nez au milieu des conférences, passant soixante-dix heures sans dormir, ne rentrant dans sa chambre que pour délirer des heures sur sa machine à écrire et balancer le résultat final à Rolling Stone... Las Vegas est un scandale. Et un classique américain sauvage, délatté, un bouquin d’où on ne ressort pas entier, comme si la lecture provoquait des altérations du cortex, ou comme si le savant salmigondis de mots tressés à un rythme frénétique avait le pouvoir de provoquer un flash-back d’acide chez le lecteur." Philippe Manoeuvre, New Look

Auteur : Hunter S. Thompson
Titre : Las Vegas parano. Une équipée sauvage au coeur du rêve américain
Titre original : Fear and Loathing in Las Vegas : A savage journey in the heart of the American dream
Traducteur : Philippe Mikriammos
Edition : 10/18
Collection : Domaine étranger
Date de parution : juin 1994
Nombre de pages : 208 p.
Partager cet article :

Enregistrer un commentaire