ie Caatinga - Hermann - Les embuscades littéraires d'Alcapone
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Caatinga - Hermann

Une fois n'est pas coutume, je commencerai ce compte-rendu par un gros mea culpa pour cette chronique rendue très très très très en retard.  Et pour cause, cela fait des mois que j'aurais dû la publier mais ma vie a été prise ailleurs et je voudrais donc présenter mes plus sincères excuses aux éditions Le Lombard et à Babelio pour cette chronique inespérée. Je sais qu'il n'a pas été correct de ne plus donner de nouvelles mais je me console en me disant : ne dit-on pas « vaut mieux tard que jamais ? » J'ose donc espérer que mon compte-rendu aussi tardif qu'il soit, recevra votre accueil avec bienveillance et compréhension. Et je remercie encore chaudement (sans désinvolture aucune) ces deux partenaires pour la confiance qu'ils m'ont témoigné en m'envoyant cette superbe réédition de luxe dans la collection Signé de l'album Caatinga de Hermann dans le cadre de l'opération Masse Critique de Babelio et du Club des Chroniqueurs Signé.


Le nom caatinga est issu de la langue Tupi et signifie « forêt blanche » ou « végétation blanche » (de caa, « forêt », « végétation » et tinga, « blanc »). C'est dans cet environnement propriété des cactus et buissons épineux du Nord Est du Brésil que Hermann a décidé de planter le décor de son histoire de vengeance : celle de 2 frères qui pour réparer le massacre de leur famille, s'enrôlent auprès des Cangaceiros, une bande de pauvres paysans hors-la-loi qui sévit dans le Sertao... 


S'inspirant du combat des paysans révolutionnaires du Brésil des années 30 contre la domination des propriétaires terriens d'alors, Hermann trouve prétexte à dessiner un superbe 'one shot' sur fond de désert aride et rocailleux...  Le graphisme alternant entre les tons clairs (beige, blanc) de la Caatinga et les couleurs froides (bleu clair et bleu ciel) rend une atmosphère poussiéreuse et désertique qui rappelle les westerns spaghettis de Sergio Leone. Comme pour l'incontournable série Jeremiah par exemple, les plans et découpages sont travaillés à la perfection comme pour un film et, fait notable, Hermann a lui même posé la couleur directement sur les planches comme pour Sarajevo Tango. Entre règlement de compte, fuite et course poursuite, cette brève incursion dans le Brésil des années 30 dépeint un sombre et violent épisode assez méconnu de l'histoire brésilienne... Les graphismes sont très réussis et la faune et la flore finement étudiés et superbement représentés. Mais on a malheureusement l'impression que cela se fait un peu au détriment du scénario. Toutefois, si l'intrigue reste basique et les faits évoqués assez peu creusés, on ressent le plaisir pris par le dessinateur à travailler sur ce projet et cela rend la lecture de l'album bien agréable... Donc si vous aimez les ambiances westerns, laissez-vous tenter par ce bel album aux couleurs de désert...


Anecdote : l'idée de faire cette bande-dessinée serait venue du visionnage du film O Cangaceiro par Hermann dans une salle obscure de Belgique et de cartes postales représentant la bande de Lampiao, l'une des bandes les plus redoutables des Cangaceiros... Je me lancerai volontiers dans le visionnage du film pour me faire ma petite idée. L'auriez-vous vu par hasard ? Qu'en avez-vous pensé ?


Pour en savoir plus sur la gestation du projet et sur le travail de Hermann, n'hésitez pas à lire cette intéressante interview donnée par le dessinateur à Nicolas Anspach et Cédric Lang (intialement parue dans le 16e numéro de la revue Auracan et diffusée en ligne sur ActuBD).


Si vous souhaitez vous lancer à votre tour dans cette belle lecture, notez que l'album est disponible à la vente sur Amazon via le lien suivant : CAATINGA

Titre : Caatinga
Auteurs : Hermann
Éditeur : Le Lombard
Collection : Signé
Date de parution : 2010
Nombre de pages : 56 p.
ISBN : 978-2-8036-2763-9
Conception graphique : Éric Laurin
Crédits photographiques : © Hermann

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