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La maison du vampire - Georges Sylvester Viereck


Reginald Clarke est un homme du monde adulé, respecté et charismatique dont le talent n’est pas à prouver. Ayant l’habitude d'accueillir de jeunes artistes prometteurs dans sa belle demeure, Reginald est un mécène convoité. Ernest Fielding fait partie de ces privilégiés qui a la chance de venir s’installer auprès de son idole. Ethel Brandebourg, autrefois peintre, est une ancienne maîtresse de Reginald dont le fabuleux coup de pinceau a soudain disparu du jour au lendemain... Étrangement, depuis qu’Ernest vit chez Reginald, il ne produit plus grand chose, excepté Léontine, un roman dont il vient à peine de fignoler mentalement les derniers détails. Mais étrange coïncidence : le lendemain même où Ernest décide de se pencher sur l’écriture de son livre, Reginald présente publiquement comme étant sa dernière création, Léontine. Ce n’est pourtant pas possible : l’oeuvre que Reginald vient de lire est exactement celle d'Ernest. Ernest est-il devenu fou ? Par quel miracle Reginald a pu lui voler une oeuvre dont il n’a pas encore écrit un traitre mot ?

Ce roman à l’intrigue banale au premier abord, est pourtant l’un des premiers livres du XXe siècle à aborder le thème du vampire psychique. Tout le connaît évidemment le célèbre Comte Dracula de Bram Stocker, sombre créature avide de sang humain mais la réputation du vampire psychique est plus discrète. Jusqu’à la sortie de La maison du vampire de George Sylvester Viereck paru pour la première fois en 1907, peu d’ouvrages ont paru sur le thème. Qu’est donc ce monstre dont le pouvoir est celui de pouvoir d’absorber la force vitale de ses victimes ? Mystérieux et séduisant tout comme son homologue sanguinaire, le vampire psychique se distingue cependant par sa faculté à s’approprier l’énergie et l’esprit des gens (« Le génie d’un homme est fontion de sa capacité à absorber dans la vie, les éléments essentiels pour donner pleinement la mesure de son art. » p.26). Certains le définissent comme un « vampyre », le « y » rappelant celui du terme psychique (à vérifier). Pour d’autres, il est largement inspiré des croyances populaires de certaines cultures. Avec le vampire psychique, on quitte la littérature fantastique pour glisser dangeureusement vers le terrain des sciences occultes : Ethel, victime de Reginald, le sait. Elle tente donc de sauver le jeune Ernest de l’emprise de Reginald mais comment faire dans ce combat à armes inégales ? (« - Pourtant, remarqua t-il d’un ton triomphal, tes vampires sucent le sang ; mais Reginald, si vraiment c’est un vampire, ne s’en prend qu’à l’âme. Comment un homme pourrait-il sucer dans le cerveau d’un autre une chose aussi intangible et essentielle que la pensée ? - Ah, répondit-elle, tu oublies que la pensée est plus réelle que le sang ! » p.98-99).

Présenté et traduit par Jean Marigny, spécialiste du mythe du vampire dans la littérature anglo-saxonne, ce roman dégage une ambiance démodée assez troublante. Si le début du livre est un peu laborieux et les dialogues parfois ennuyeux ou sans trop de rapport avec le coeur du sujet, La maison du vampire reste une lecture récréative qui donne de bonnes pistes de lecture sur le sujet. On notera par exemple, les études faites par Jean Marigny (membre du Groupe d'Études et de Recherches sur le Fantastique et membre du Transylvanian Society of Dracula) ou encore Vampyre, le livre de John Polidori accessible gratuitement en anglais sur le site du Projet Gutenberg. 

Encore une fois, je ne saurai qu'applaudir le travail de La Clef d’Argent qui se soucie toujours de proposer des textes rares dans des éditions de belle facture. Ce qui est certain, c’est que je n’ai pas fini de vous parler de cette petite maison d’édition qui ne cesse de me surprendre et que j’ai à coeur de vous faire découvir...

Pour vous procurer le livre via Amazon, rendez-vous sur le lien suivant : La maison du vampire (House of the Vampire) 

  • Titre : La maison du vampire
  • Titre original : House of the vampire
  • Auteur : George Sylvester Viereck
  • Éditions : La Clef d’Argent
  • Traducteur : Jean Marigny
  • Présentation : Jean Marigny
  • Date de parution : Octobre 2003 (1ere édition)
  • Nombre de pages : 123 p.
  • ISBN : 2-908254-42-5

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